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UN ANIMAL DE COMPAGNIE POUR BIEN VIEILLIR

UN ANIMAL DE COMPAGNIE POUR BIEN VIEILLIR

Plusieurs études tendent à démontrer qu’avoir un chien permettrait de réduire le risque de maladie cardiovasculaire de 25 à 30 %, sans parler des bienfaits psychologiques. Adopter un animal quand on est senior semble donc être une bonne idée. Toujours est-il que c’est un projet à ne pas prendre à la légère et pour lequel il faut bien réfléchir. Tour d’horizon des questions à se poser avant de se lancer et zoom sur la médiation animale.

Le saviez-vous?

La France fait partie des pays où l’on a le plus d’animaux de compagnie.
Presque 63 millions d’animaux domestiques vivent en France, selon une enquête FACCO/TNS SOFRES. Au total, c’est près d’un foyer sur deux qui possède au moins un animal de compagnie en France. 

LES BIENFAITS DE LA PRÉSENCE D’UN ANIMAL SUR LES PERSONNES ÂGÉES

Posséder un chien serait l’un des moyens les plus efficaces pour les seniors de poursuivre une activité physique et cela a un impact positif sur la santé des personnes âgées, puisque ces animaux les incitent à sortir et à marcher.

Les chercheurs ont constaté que se promener avec son chien contribuait aussi à mieux maintenir le lien social non seulement avec les autres maîtres mais aussi avec sa communauté de quartier.

Cela incite la personne à trouver la motivation pour sortir, se lever le matin, aller faire des courses car il faut s’occuper de leur animal qu’ils adorent. L’animal est un véritable soutien affectif.

ADOPTER UN ANIMAL QUAND ON EST SENIOR: BONNE OU MAUVAISE IDÉE?

Si vivre avec un animal a de nombreux côtés positifs, on entend malheureusement aussi souvent des histoires de maltraitance animale ou d’abandon car l’animal devenait dangereux pour la santé de leur propriétaire (cause de chutes par exemple).

Si l’adoption paraît une bonne idée au premier abord il faut néanmoins bien réfléchir avant de s’engager, car il s’agit d’un engagement, une responsabilité à long terme. Il est donc indispensable de bien se poser toutes les questions pour parer à toute éventualité. Car s’occuper d’un animal prend du temps et de l’énergie. Cela nécessite de le sortir, d’acheter de quoi le nourrir, de le toiletter ou de l’emmener chez le toiletteur, chez le vétérinaire… 

Il faut donc en tout premier lieu tenir compte de l’état de santé de l’adoptant. Une personne âgée perd en force et en endurance. Elle n’est plus forcément capable de retenir un animal qui tire sur sa laisse durant la promenade, ou de jouer pendant des heures dans le cas de l’adoption d’un chiot.

Si la personne a une maladie évolutive et qu’elle vit seule, continuera-t-elle à être assez autonome pour s’occuper de son animal ? N’entrera-t-elle pas en institution où les animaux sont rarement autorisés ? Si elle est âgée et de santé fragile, vivra-t-elle aussi longtemps que son animal ? Ne sera-t-elle pas régulièrement hospitalisée et sans personne pour s’occuper de son animal ? Adopter un animal de compagnie lorsque l’on est âgé, c’est penser à la durée de vie de chacun des partenaires de vie, c’est évaluer son autonomie en impliquant son entourage (familial et, ou, social).

Cette personne peut-elle encore conduire ? Sinon, y a-t-il un vétérinaire assez proche pour s’y rendre à pied même plusieurs fois par semaine si l’animal est gravement malade ? Idem pour le toiletteur si l’animal envisagé en a besoin ?

Selon les réponses à ces interrogations, il y a des solutions qui peuvent être envisagées.

Une organisation pour sortir l’animal ou pour s’en occuper en son absence peut être mise en place en amont avec son auxiliaire de vie par exemple si elle est d’accord. Cela pourra être ajouté à son contrat. Les membres de la famille sont souvent enclins à proposer de recueillir l’animal mais là encore il faut s’assurer du sérieux de la proposition car une absence peut être prévisible en avance dans un temps limité ou être soudaine pour une durée incertaine (comme dans le cas d’une hospitalisation imprévue par exemple). Être obligé d’abandonner son chien dans un refuge par manque d’anticipation peut être source de traumatisme, culpabilité, voire dépression.

Certaines mutuelles peuvent allouer une somme pour financer la garde de votre animal en cas d’hospitalisation de son souscripteur.

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Adopter un animal a un coût qu’il faut également prendre en
considération. Il faudra peut-être réfléchir à souscrire une assu-rance santé car certains soins vétérinaires peuvent être élevés.

Prendre un animal de compagnie est donc une décision à mûrir sérieusement d’autant plus avec l’âge. Pour vous aider dans cette étape, n’hésitez pas à en parler autour de vous à des personnes qui sont également dans votre cas mais aussi à visiter des refuges ou à prendre contact avec des comportementalistes canins ou félins, vétérinaires, qui sauront vous conseiller dans cette démarche.

LA MÉDIATION ANIMALE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Selon la fondation Adrienne et Pierre Sommer, la médiation animale est à la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle homme-animal dans les domaines éducatifs, social, thérapeutique et de la recherche.

Elle est “reconnue dans le cadre des thérapies non médicamenteuses par la haute Autorité de Santé. Elle peut être utilisée pour renforcer certaines prescriptions médicamenteuses ou être pratiquée en lien avec des approches paramédicales”. Source ASH n° 3175 septembre 2020. 

C’est une méthode d’intervention qui connaît un essor important depuis une vingtaine d’années. La médiation animale fait partie du projet de soins. “Elle se prépare, il y a des objectifs de travail, ça se discute en équipe” précise Danièle Berthelot, praticienne en
médiation animale, qui intervient en gériatrie à la résidence Tiers-Temps à Pau ainsi qu’en unité de soins palliatifs au centre hospitalier de Pau où elle est accompagnée de son berger allemand. Ce service hospitalier accueille également les chiens des patients s’ils le désirent. 

“Il est primordial de tenir compte aussi bien du bien-être du patient que du bien-être de l’animal” c’est pour cela qu’avant tout accueil de l’animal à l’hôpital, Danièle Berthelot réalise un entretien préalable avec chaque intervenant de la rencontre : la personne qui va amener l’animal, le patient (dont le désir prime bien sûr car les patients ne souhaitent pas toujours recevoir leur animal) et l’animal pour que “la rencontre se passe le mieux possible, une rencontre qui parfois est la dernière”. Ce lieu peut être aussi perturbant pour l’animal et il faut le préparer à sa rencontre avec son maître dans ce lieu et ce contexte très particuliers. 

En maison de retraite, la médiation animale fait partie du projet de soin individualisé du résident, elle participe aux soins prodigués aux personnes âgées. De plus en plus utilisée, cette mise en relation des personnes âgées avec les animaux suscite non seulement du bien-être mais stimule aussi les capacités psychiques et cognitives. Elle permet le contact de personnes âgées avec les animaux en EHPAD, pour stimuler leurs facultés psychiques. “Elle favorise aussi les interactions entre les résidents des maisons de retraite”. Mais attention, là encore comme pour l’adoption d’un animal par un senior, si les côtés positifs sont évidents la plupart du temps, “la médiation animale peut ne pas faire que du bien, il s’agit d’une relation individuelle, unique et individualisée car chaque personne est différente, c’est une action au cas par cas qu’il ne faut pas généraliser à tout prix” conclut Danièle. 

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